La nuit Mac Orlan (Briac, Le Gouëfflec)

979-10-90939-04-2

Neuf

Prix BD Mor Vran 2015 du festival du Goéland Masqué

Bande dessinée

Couleur 24 x 32 cm

Couverture cartonnée

56 pages

ISBN 979-10-90939-04-2

Prix 15,90 euros

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15,90 € TTC

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Marin, universitaire spécialiste de Mac Orlan, arrive à Brest pour y rencontrer un curieux bouquiniste qui doit lui communiquer un manuscrit inédit. Bientôt, il se retrouve en cavale dans la nuit brestoise, traqué par la police, cherchant à reconstituer les morceaux d’un puzzle diabolique. Autour de lui, l’intrigue emprunte aux thèmes de l’œuvre de Mac Orlan : une femme tentatrice, un bourreau, quelques squelettes phosphorescents, un pirate... Marin est-il devenu un personnage de roman ? Est-ce un tour de son imagination ou une terrible machination ?

"Un polar fantastique en couleur directe d’une grande virtuosité graphique et aux multiples niveaux de lecture." (Presse Océan);

Les auteurs :

Arnaud Le Gouëfflec écrit des chansons, mais aussi des romans et des scénarios de bande dessinée. Scénariste, il a publié "Vilebrequin" avec Obion, puis "Topless", "Le Chanteur sans nom" (sélection du Festival d’Angoulême 2012) et "J’aurai ta peau Dominique A" avec Olivier Balez. Romancier, il a publié plusieurs livres dont "Basile et Massue" et "Le guerrier mouktar".

Briac a été le lauréat du prix jeune auteur au festival Quai des Bulles à Saint-Malo en 1998. Il a depuis publié "Armen", "Les gens du Lao Tseu" et "Vent d’est" (dans la bande dessinée collective "Quais divers" chez Sixto). Son œuvre est inspirée graphiquement de peintres tels que Schiele, Munch ou Bacon, mais aussi de l’expressionnisme du cinéma allemand des années 30. On pense à Murnau et Fritz Lang, notamment.

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17/06/2016

La Nuit Mac Orlan dans les pages d'Armen

Où il est question d'une bande dessinée qui nous mène à Kerouac, Genet, Hadenge, Carn et Gloaguen. La classe !
 
Que savons-nous de Pierre Mac-Orlan, qui ne s'appelait même pas vraiment ainsi ? À vrai dire peu de choses. Nous colportons toujours les mêmes anecdotes pauvres : jeune, il aurait vécu à Brest, laquelle lui aurait inspiré le texte de la chanson Fanny de Laninon, les romans L'Ancre de miséricorde et Le Quai des brumes, la nouvelle Port d'eaux mortes. Au mieux, nous nous souvenons encore de sa juste évocation de la Penfeld au sein de Villes, l'un de ses derniers ouvrages : « Les vedettes parcourent ses eaux calmes ; des remorqueurs tracent dans ses eaux sombres des sillons de charrues laborieuses, les destroyers se groupent autour de leur horloge commune. »
La lecture de La Nuit Mac Orlan, superbe BD d'Arnaud Le Gouëfflec et Briac, ne nous en apprendra guère plus d'un strict point de vue bioblibliographique, mais elle nous plongera d'emblée, et pour nos délices, dans la manière palpitante de l'écrivain qui considérait que « l'aventure n'existe pas. Elle est dans l'esprit de celui qui la poursuit, et dès qu'il peut la toucher du doigt, elle s'évanouit pour renaître bien plus loin, sous une autre forme, aux limites de l'imagination. » L'imagination d'Arnaud Le Gouëfflec, elle, n'a pas de limites : elle le mène à créer une palpitante histoire noire, qui conduit son héros, Marin, venu à Brest sur les traces de l'ultime manuscrit inédit de Mac Orlan, dans les lieux les plus interlopes du Ponant. Ce « Brest mythologique » nous séduit infiniment : c'est celui de Mac Orlan bien entendu, mais aussi, en creux, celui de Genet, de Kerouac, de Philippe S. Hadenge, d'Hervé Carn ou d'Alexis Gloaguen. Surtout, c'est le nôtre, tel exactement que toujours nous le rêvons quand nous remontons sous la pluie bleue l'escalier à double volée qui mène du port au cours Dajot ou quand nous longeons les murs hérissés de tessons de l'enceinte de la prison de Pontaniou. Les planches de Briac, pétries de toutes les déclinaisons du noir et du gris, mais aussi des rouges et des verts éclatants – rappel obstiné des bouées bâbord et tribord qui balisent l'entrée vers les bassins et les docks - rendent à la ville ainsi magnifiée sa plus belle justice. Splendeur de ses grues et de ses trams, des hautes tours carrées de sa gare et de son monument américain, de ses ponts et de ses places. Le lettrage sensible et précis de Philippe Marlu, artiste complet qui évolue dans le même univers mental que Le Gouëfflec et Briac (que l'on songe seulement à sa chanson « Jésus la Caille » inspirée du roman éponyme de Francis Carco), parachève ce petit bijou.
Alain-Gabriel Monot

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17/06/2016

A la rencontre de Mac Orlan

Il y a de cela quelques semaines, Le Télégramme a publié en dernière page, toutes éditions, une entrevue avec l'auteur de bande dessinée Briac.

Dessinateur et scénariste de bande dessinée, le Guingampais Briac Queillé, 47 ans, est un artiste au parcours original. Il présente son dernier ouvrage, « La nuit Mac Orlan », coréalisé avec l'auteur brestois Arnaud Le Gouëfflec, à l'occasion du salon du polar, à Lamballe (22), qui se tient ce week-end.
Dessinateur et scénariste de BD, vous avez désormais trois ouvrages à votre actif. Quel est votre parcours ?
D'aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours dessiné. Par la suite, j'ai fait une année aux beaux-arts... Mais j'étais plus souvent au café d'en face qu'en cours. J'ai ensuite fait deux ans d'atelier de BD à Paris, à la Grande Chaumière si je me souviens bien. Puis j'ai suivi d'autres voies, histoire de gagner un peu ma vie : la déco, l'illustration, avec pour objectif de me consacrer plus tard à la bande dessinée uniquement. Bref, je suis un autodidacte ! Vers 38 ans, j'ai attaqué « Armen » (éditions Le Télégramme, NDLR), mon premier ouvrage. J'avais toujours eu cette histoire en tête. Un huis clos sur un phare, sans trop de mouvements, sans grande histoire rocambolesque. J'avais eu un flash en lisant un article sur la cohabitation entre des gardiens de phare bretons et des marins allemands durant la Seconde Guerre mondiale - ils ne les faisaient fonctionner que pour les navires allemands. Ce récit illustré a été prépublié en série dans Le Télégramme et les éditions ont pris la suite. Et après, j'ai embrayé avec « Les gens du Lao Tseu », dont l'action se déroule dans un cabaret à Recouvrance, dans les années 1920. J'ai ensuite collaboré à un ouvrage collectif, « Quai Divers », publié par Sixto Éditions. L'éditeur, Lionel Durand, m'a donné l'opportunité d'écrire une histoire sympa sur les gares bretonnes.
C'est Sixto éditions qui publie « La nuit Mac Orlan », que vous avez réalisé avec le scénariste Arnaud Le Gouëfflec. Comment est né ce projet ?
De la rencontre avec Arnaud, lors d'un salon. On a beaucoup parlé. Il avait lu mes BD et j'avais lu une partie de son travail. On a parlé de Mac Orlan un peu par hasard et on s'est dit qu'on écrirait bien ensemble une histoire originale sur un Brest « qui suinte ». Vous voyez l'idée ? (rires). À partir de cette atmosphère, on voulait conter le destin de l'individu qui serait complètement ballotté au fil de et dans l'histoire. Dans un univers à la Pierre Mac Orlan évidemment.
De quoi parle « La nuit Mac Orlan » ?
Il s'agit d'une déambulation dans Brest et dans l'oeuvre de Pierre Mac Orlan, dans laquelle Arnaud s'est plongé pendant plusieurs mois pour en dégager tous les thèmes principaux. C'est l'histoire d'un thésard qui bosse sur Mac Orlan et qui vient à Brest à la recherche d'un manuscrit perdu. Notre BD fait 53 pages et est donc sortie en mai chez Sixto. On est plutôt content de la façon dont fonctionne le bouche-à-oreille pour le moment. On doit en avoir vendu plus de 2.000 exemplaires alors qu'on n'a pas de diffuseur. C'est plutôt bien, sachant que Sixto est encore une jeune maison d'édition indépendante.
Vous avez un style particulier, proche de la peinture. L'ambiance graphique de vos ouvrages est également très sombre et liée à la mer... Est-ce un choix ? Bon, déjà, je suis breton, alors la mer, c'est souvent une constante (rires). Mais, plus sérieusement, il est vrai que j'aurais pu m'orienter vers la peinture. Mais je pense que l'ouverture et le regard que nous avons vers la mer permettent un autre départ. Pour moi, il s'agit d'un sujet à histoire quasi inépuisable. Un horizon, en quelque sorte. Quant à mon style, il me vient des expressionnistes ou des « vieux » de la BD comme Tardi, Pratt ou Moebius. Je pense vraiment que le dessin a son importance dans la BD. Et ce qui complète une oeuvre, c'est l'osmose avec le scénariste. Moi, je l'ai trouvée avec Arnaud, pour ce dernier album. C'est celui dont je suis le plus fier.

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17/06/2016

La Cause Littéraire vous conseille La Nuit Mac Orlan

La Cause Littéraire a pris goût à l'aventureuse Nuit brestoise et le dit haut et fort.

L’œuvre de Mac Orlan a déjà donné lieu à plusieurs belles adaptations en bande dessinée : À bord de l’Etoile Matutine par Riff Reb’s, Roi Rose de David B. ou La Cavalière Elsa par Jean Cubaud notamment. Les auteurs de La Nuit Mac Orlan ont fait le choix courageux d’imaginer une intrigue originale, nous plongeant au cœur de l’univers de l’écrivain, à travers ses lieux et ses thèmes de prédilection. À la fois hommage et création, cet ouvrage révèle toute la modernité d’un auteur à redécouvrir et la puissance du neuvième art.
Le personnage principal, Marin – prénom rêvé pour un spécialiste du vieux Mac –, se rend à Brest pour sa thèse. Il doit y rencontrer un libraire qui prétend détenir un trésor inestimable, un inédit de l’écrivain, L’Amiral Bamboche. Poursuivi par ses propres démons, Marin va se retrouver plongé dans une intrigue policière et fantastique dont il devient le héros bien malgré lui. Cette nuit semble éveiller tous les fantômes de l’œuvre de Mac Orlan et ses personnages s’incarnent dans une Brest brumeuse et inquiétante : un commissaire fou régnant sur la ville, des pirates et des squelettes, une Marguerite ô combien séduisante et dangereuse, des êtres marginaux comme le peintre Teuz…
Si l’œuvre de Mac Orlan utilise finalement peu le cadre brestois, Briac et Le Gouëfflec offrent à leur ville un véritable écrin, à travers une intrigue que n’aurait pas reniée l’écrivain, et des images sublimes, véritables toiles expressionnistes. Le travail de Briac s’impose avec force et déploie une technique assurée : le trait épais et flouté révélant la trame, les couleurs vives se détachant des ambiances sombres, les subtils jeux de lumière, font de Brest plus qu’un décor, mais bel et bien l’élément essentiel de l’intrigue, personnage parmi les personnages. Comme si les quartiers perdus gardaient encore la trace d’une ambiance propre à la ville elle-même. Chaque scène possède son ambiance, sa couleur dominante, signalant habilement les étapes de cette nuit d’aventures.
Le scénario passe d’un genre à l’autre et les associe en explorant les différentes facettes de l’œuvre du romancier. Les références sont nombreuses et bien amenées ; certains passages quelque peu didactiques seront les bienvenus pour les lecteurs qui découvrent l’écrivain. Les noms de lieux, la carte au trésor, la fête d’Halloween ou la lanterne figurent ainsi parmi les meilleures trouvailles.
La Nuit Mac Orlan est un pari audacieux et une réussite. Après avoir refermé le volume, à défaut de connaître le contenu de l’œuvre inédite, on n’a qu’une envie, c’est d’écouter les chansons si poignantes de Mac Orlan et d’ouvrir un de ses romans afin de partir, en aventurier immobile, à la recherche de ce « fantastique social » qu’il aura recherché et décrit avec tant de talent.

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17/06/2016

Une nuit sur les traces de Pierre Mac Orlan

Didier Pasamonik vient de signer une chronique de La Nuit Mac Orlan pour Actua BD.
Une nuit sur les traces de Pierre Mac Orlan, sujet et personnage d’une enquête inspirée dans tous les sens du terme.
Marin a mis le cap sur Brest, à la poursuite d’un manuscrit inédit de Pierre Mac Orlan (1882-1970), l’écrivain rendu célèbre par le film Quai des brumes, auteur de romans fiévreux aux accents fantastiques, dont la vie de bohême construisit la légende.
Celle-ci commença pendant la Première Guerre mondiale lorsque le jeune homme, qui veut devenir peintre et caricaturiste, envoie à Gus Bofa, qui dirige alors la revue La Baïonnette, quelques travaux graphiques -d’ailleurs fort inspirés par le travail du maître- et un texte. Bofa décèle un talent, non pas de dessinateur mais d’écrivain, et conseille au jeune homme de persévérer dans l’écriture. L’écrivain suivit le conseil du chef de file du Salon de l’araignée et il fit bien : le succès fut au rendez-vous.
C’est donc sur les pas de Mac Orlan que se retrouve notre héros, faisant à Brest une rencontre aussi dangereuse qu’intrigante qui le laisse dépouillé de son argent et de ses papiers, et accusé de meurtre !
Le dessin grainé de Briac (Armen, Les Gens du Lao-Tseu) correspond bien aux atmosphères nocturnes et brumeuses de Mac Orlan chez qui chaque personnage est à la fois inquiétant et dans l’inquiétude.
Le scénariste Arnaud Le Gouëfflec (Vilebrequin, J’aurai ta peau Dominique A) nous campe un Brest fantasmatique où défilent les personnages du romancier, prenant le lecteur dans les filets d’une chasse au trésor aux atours de cauchemar.

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17/06/2016

La Nuit Mac Orlan, un album à marquer d'une pierre blanche

Frédéric Prilleux vient de signer une chronique de l'album d'Arnaud Le Gouëfflec et Briac sur son blog BEDEPOLAR.

Marin débarque à Brest. En TGV. Un jour de pluie. Tout ce qui compte pour lui tient dans sa poche,  sur cette clé USB où est gravée toute sa vie. Ou plutôt celle qu'il consacre depuis des années à Pierre Mac Orlan, sa passion obsessionnelle. Et s'il arrive aujourd'hui à Brest, c'est pour rencontrer un bouquiniste, rencontré sur Internet, et qui lui affirme être en possession d'un inédit, un livre clandestin de Mac Orlan, un inédit au titre mystérieux "L'Amiral Bamboche". Marin, qui travaille sur sa thèse depuis si longtemps est évidemment intrigué, et surtout excité de découvrir ce livre totalement inconnu que le bouquiniste s'apprête à lui montrer. Mais en fait de choc littéraire, c'est un coup sur le crâne que Marin reçoit, dans cette boutique sombre de la rue Turenne. Et à son réveil, il est nu comme un ver, sa clé a disparu et le voilà face à un type un peu bizarre, un artiste dénommé Teuz. Celui-ci n'est pour rien dans cette histoire - il ne connaît même pas Mac Orlan, c'est dire... - et  les deux hommes retournent chez le bouquiniste. L'homme est bien là, mais il ne dira plus grand chose : il a un couteau planté dans la poitrine. A la main, en guise de testament, il tient une carte pour le moins étrange, semblant tout droit sortie d'une histoire de pirates. Teuz décide alors d'aller voir la seule personne capable de désembrouiller l'affaire : le docteur Problème...
On avait laissé Briac sur son très réussi "Les Gens du Lao-Tseu", et le voici de retour avec une histoire pleine de brume et de mystère, un véritable hommage à l'univers de Pierre Mac Orlan, scénarisé par Arnaud Le Gouëfflec, un jeune homme à l'imagination fertile (allez donc voir  "J'aurai ta peau Dominique A" ou "Le Chanteur sans nom"...) L'histoire imaginée est cette fois en prise directe avec l'univers d'un écrivain qui reste surtout connu du grand public pour "Le Quai des brumes", "Les Clients du Bon Chien Jaune" ou encore "l'Ancre de miséricorde". Elle nous emmène dans un Brest nocturne et enfumé, dangereux et chaleureux tout à la fois (parfois !), dans une nuit pleine d'aventures inattendues. Et tout le talent de Briac est de dépeindre cette nuit dans ses moments-clés, éclairant à sa guise tel recoin du port, laissant dans l'ombre tel personnage, pour mieux mettre en lumière  deux autres protagonistes phares de cette nuit, la tenancière et le policier. Décors et personnages sont minutieusement étudiés, et chacune des cases de Briac ne laisse rien au hasard. On peut même s'arrêter sur nombre d'entre elles, qui ne sont pas loin d'être de véritables tableaux. La Nuit Mac Orlan marque une étape importante dans le travail d'un dessinateur un peu hors-norme, au style affirmé et original, tout comme elle confirme l'ascension d'un scénariste dont chacune des nouvelles histoires réussit à faire mouche. Cet album est aussi à marquer d'une pierre blanche pour les éditions Sixto, qui tiennent là une véritable perle à leur catalogue, et sésame potentiel à une reconnaissance d'un public plus large que celui touché jusqu'ici. Souhaitons-le en tous cas !

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17/06/2016

Brest : La Nuit de Mac Orlan

Stéphane Dugast a beaucoup aimé La Nuit Mac Orlan, et il le dit haut et fort sur son blog "Embarquements". 

Adapter dans un album de bande dessinée, l’univers et les thèmes chers à l’écrivain Pierre Mac Orlan. Un projet assurément fort ambitieux. Un album dans lequel  la ville de Brest est plus qu’un décor…
Universitaire et thésard de l'ouvrage L’Ancre de Miséricorde, Marin débarque à Brest pour y rencontrer un bouquiniste. Ce dernier prétend pouvoir lui communiquer un manuscrit inédit de Pierre Mac Orlan.
Sur place, la trajectoire de Marin va vite dérailler. Marin se retrouve alors en cavale dans la nuit brestoise, traqué par la police, cherchant à reconstituer les morceaux d’un puzzle diabolique.
Dans ce périple entre onirisme, polar et folie, Marin ne serait-il pas devenu lui-même un personnage de roman ?
Disons le d’emblée, cet album BD détonne ! Principales singularités : ses dessins en apparence si sombres et si marquées qui nous plongent au cœur de la nuit brestoise.
Leur travail parle pour eux. Les deux auteurs - Arnaud Le Gouëfflec pour le scénario et Briac pour les dessins – sont assurément à la hauteur de l’œuvre Pierre Mac Orlan.
Les thèmes chers à l’écrivain sont habilement entremêlés : la mer, une femme tentatrice, un bourreau le monde de la nuit, quelques squelettes phosphorescents ou un pirate.
J’ai fait connaissance avec l’œuvre du dessinateur Briac, il y a quelques années au festival Livre et Mer de Concarneau. J’ai adoré son album Armen narrant un passionnant huis-clos entre un gardien de phare et un officier allemand durant la Seconde Guerre mondiale.
Et je ne saurais trop vous le conseiller même si au départ son trait et ses dessins peuvent dérouter. Mais c’est justement là que réside tout son talent.
Brest, c’est la matrice des deux auteurs de l'album La nuit Mac Orlan. Briac est breton, et brestois de coeur. Quant au scénariste, c'est un «caméléon brestois, un  stakhanoviste qui n’a de cesse de s’essayer à tous les styles avec originalité et talent», dixit Brieg Haslé, journaliste BD spécialisé auteur de l'ouvrage Une mode à croquer / Bruno Le Floc'h et son Pays bigouden, lui-même Brestois.
Arnaud Le Gouëfflec est, en effet, un artiste aux mille et uns visages, à la fois romancier, musicien, scénariste de BD et organisateur du Festival Invisible.
N'oublions pas de mentionner le courage et l’audace de la maison d’éditions Sixto de se lancer dans une telle entreprise.
Cet album marie avec élégance un récit ciselé et des dessins fort expressionnistes. Toujours d’après Brieg Haslé, décidément fort bien informé, le dessinateur Briac se serait  plongé intensément dans les ouvrages de l’écrivain de Saint-Cyr-sur-Morin, tout en s’inspirant librement des ambiances de deux adaptations cinématographiques : La Bandera réalisé par Julien Duvivier en 1935 et Le Quai des Brumes filmé par Marcel Carné en 1938.
Autres sources d’inspirations pour Briac : les films de Friedrich Wilhelm Murnau et de Fritz Lang, des peintres comme Soutine, Emil Nolde ou Egon Schiele.
De sérieuses et solides références pour un album BD réjouissant. On plonge avec délice dans la nuit, Brest et Mac Orlan.

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17/06/2016

La Nuit Mac Orlan coup de coeur de Culture BD

Le site Culture BD vient de faire de La Nuit Mac Orlan l'un de ses coups de cœur du moment.
Quand Marin, spécialiste de Pierre Mac Orlan (1882-1970) apprend qu'un bouquiniste de Brest possède un manuscrit inédit de cet auteur, il fonce. Un voyage plein de surprises très bien raconté dans la ville qui fut une des sources d'inspiration de cet écrivain. Et un dessin expressionniste puissant.
Marin fait sa thèse sur l'écrivain Pierre Mac Orlan, trop peu connu du grand public. L'auteur du célèbre Quai des brumes, adapté sur grand écran, a beaucoup écrit sur les marins, les pirates, les déserteurs. Mais aussi sur la nuit, dont il est question ici. Brest l'inspira. Alors quand un mystérieux bouquiniste, prénommé Léon, contacte Marin car il prétend détenir un livre que personne ne connaît, ce thésard en bout de piste découvre la cité du Ponant et ses nuits suintantes.A l'heure où les éditeurs multiplient les sorties sur des adaptations littéraires parfois contestables, Sixto, petite maison d'édition, s'illustre par un choix éditorial ambitieux et réussi. Ce récit original d’Arnaud Le Gouëfflec, bien mené entre réalité et imaginaire, entraîne Marin et le lecteur dans la nuit brestoise. Une des excellentes surprises de ce printemps bullesque.
Dans Armen, le dessinateur breton Briac proposait un trait plus noir et triste. Il donne ici le meilleur. Style épais, ambiances nocturnes, toujours sur un fil entre réalité et folie, ses peintures éclatent de couleurs vives, de la tenue écarlate du commissaire au vert pétant de la robe de Marguerite. Le lettrage très soigné est signé Philippe Marlu, auteur-compositeur et écrivain de talent.
Un scénario léché qui sort des sentiers battus et porté haut par un dessin très plastique : La Nuit Mac Orlan est une réussite à tous points de vue. Elle permet, en plus au passage, de revisiter ou découvrir cet auteur qui compte. Une BD qui ouvre à la littérature, que demander de mieux ?

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17/06/2016

Après Cabanes et Larcenet, Briac remporte le prix BD du Goéland

L'équipe du Goéland Masqué, organisatrice du festival polar du même nom, a d'attribué en mai 2015 à Briac le prix MOR VRAN de la bande dessinée.
 
Comme Max Cabanes en 2010 ou Manu Larcenet en 2012, Briac a reçu le prix pour l'illustration de La Nuit Mac Orlan, album réalisé en duo, symbiotique, avec le scénariste Arnaud Le Gouëfflec.
 
Lauréat du Prix Jeune Auteur au festival Quai des Bulles en 1998, il a depuis publié Armen, Les gens du Lao Tseu, et a participé à l’album collectif Quais divers, édité par les éditions Sixto. Sachez dès à présent qu'il publiera un nouvel album chez Sixto en octobre prochain.
 
Briac est pour nous l'un des maître d'une autre bande dessinée, tout comme le sont Hippolyte, Pinelli ou encore Smudja. Son trait est puissant, noir parfois. Ses couleurs vibrantes nous plongent dans l’âme tourmentée de ses héros. Travaillant à l’encre et à la peinture acryliques, il trouve son inspiration chez des peintres tels que Schiele, Munch ou Bacon, mais aussi dans l’expressionnisme du cinéma allemand des années 30.
 
Briac est comme le chantait Ferré, « d'un autre pays que le vôtre », un monde où les personnages ne sont pas figés et où les nuits ne sont pas sombres. Comprenne qui peut...

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La nuit Mac Orlan (Briac, Le Gouëfflec)

La nuit Mac Orlan (Briac, Le Gouëfflec)

Prix BD Mor Vran 2015 du festival du Goéland Masqué

Bande dessinée

Couleur 24 x 32 cm

Couverture cartonnée

56 pages

ISBN 979-10-90939-04-2

Prix 15,90 euros

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